Soirées du 22 février, du 1er mars et du 15 mars

« Une expérience de la composition musicale », Trois soirées qui  nous invite à écouter et à participer à la riche expérience de Patricia Lebrun, professeur de mathématiques et religieuse de la communauté Saint-François-Xavier , lors de la composition de son oeuvre : “Le Chant de la Création”  . Elle nous fait découvrir un univers musicale dont nous […]

Soirées du 22 février, du 1er mars et du 15 mars

« Une expérience de la composition musicale », Trois soirées qui  nous invite à écouter et à participer à la riche expérience de Patricia Lebrun, professeur de mathématiques et religieuse de la communauté Saint-François-Xavier , lors de la composition de son oeuvre : “Le Chant de la Création”  . Elle nous fait découvrir un univers musicale dont nous n’avons pas nécessairement l’habitude, ça nous appelle à élargir notre écoute et à sortir de nos habitudes musicales.

Le récit de la Création dans le livre de la Genèse au chapitre 1, que Patricia appelle, avec un grand sourire, une poésie biblique, ainsi comme les Évangiles, sont les paroles et les inspirations pour cette oeuvre. Pour chaque jour de la création un prélude et un hymne. Elle commence par nous parler de son parcours musical et des moments où elle était dérouté, enfin, après d’autres œuvres plutôt liturgique, elle commence à composer “Le Chant de la Création”, à la demande d’un ami musicien.

Elle nous raconte l’aventure de la composition musicale, elle la définie plusieurs fois comme une gestation, dans son cas la gestation a duré trois ans, si je me souviens bien. Trois ans pour prendre du temps et laisser mûrir des idées et des aspirations, n’hésitant pas de passer à une autre chose entre temps.

L’impulsion pour sa composition sont les textes bibliques, les textes des Pères de l’Eglise et des ses propres textes. Après une méditation de ces textes la mélodie commence à se présenter “naturellement” à partir des paroles, des syllabes toniques propres à la langue française et des temps de respirations, elle nous dit : “La parole appelle la musique”. Autour de cette mélodie elle ajoute des ornements, des contre-chants, des accords qui provoquent une certaine tension, un violon triste, une flûte apaisée, une harpe qui nous conduit dans le temps, des vocalises qui nous accompagnent du début à la fin…

Après avoir écouté et posé quelques questions à Patricia sur la composition et ses idées pour un des hymnes, nous passons à la pratique par notre voix et par les instruments (violoncelle, flûte traversière, piano). Chanter accompagner par des instruments est une autre expérience, expérience qui nous permet d’oser, certains chantent très fort, d’autre cherchent goûter le croisement des notes entre la voix pour les chants et la voix pour la flûte traversière.

Voici le témoignage de un des participants :

“Guidés par Leonor, on commence par se rendre attentifs à notre corps : détendre le visage, dénouer les points de crispations, réchauffer ses membres en suivant le flux de l’énergie corporelle … nous voici ramenés à l’ici et maintenant, prêts à entrer dans la musique.

Celle du troisième Hymne à la Création de Patricia Lebrun, que nous écoutons ce soir, ne se laisse pas facilement suivre. Les notes se succèdent en mouvements inattendus, qui déroutent l’oreille. La mienne me semble encombrée … j’ai du mal à entrer dans le dépouillement auquel invite cette musique. Quand la compositrice nous explique son intention – donner à entendre le suspens d’une Création où tout est possible – je comprends mieux l’expressivité de ce que l’on vient d’entendre.

Déconcertée par cette musique, je le suis. Ceci dit, je suis aussi frappée par l’attention que Patricia Lebrun accorde à l’harmonie. Alors qu’on s’essaie à chanter et jouer le quatrième Hymne, elle insiste sur l’équilibre à trouver, entre habiter sa partie, et rester dans la dynamique de l’ensemble. J’admire cette sensibilité à l’harmonie du tout et des parties – l’harmonie même de la Création ! … et, dans l’instant, rends grâce.”

Pour finir, lors des échanges à la fin de la soirée, Patricia nous montre un chemin vers l’autre par la musique que nous pouvons faire facilement un parallèle avec nos métiers: La composition musicale est forcement participative, je ne compose pas pour jouer pour moi-même ou pour une reconnaissance, mais je compose (et on s’expose) pour que d’autres puissent jouer, écouter et goûter cet oeuvre. Elle nous partage un appel pour élargir ses compositions, cette fois-ci dans un langage instrumental, c’est intéressant de voir qu’elle a commencé à se former avec la composition des chants liturgiques et que maintenant elle se sent “envoyé” à un autre langage. Philippe Charru dit en son livre : “Une telle oreille (obéissante à l’appel) ne peut plus s’arrêter à la distinction entre musique profane et musique sacrée. Le voile s’est déchiré (Mt 27,51) au passage du don de l’Esprit qui souffle où il veut et dont on entend la voix sans savoir cependant d’où il vient, ni où il va (Jn,3,8)”

Hamidou, Laure-Marie et Pedro

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