L’autre Nouvel An : un bel essai à transformer

Les personnes qui ont eu la chance de participer à l’autre Nouvel An organisé le 31 décembre dernier au Centre Sèvres (Paris, 7ème) savent que cet événement portait bien son nom. « Autre », il l’était par la diversité des personnes présentes, et même pourrait-on dire, la diversité des diversités. Organisé conjointement à l’initiative de jeunes de […]

L’autre Nouvel An : un bel essai à transformer

Les personnes qui ont eu la chance de participer à l’autre Nouvel An organisé le 31 décembre dernier au Centre Sèvres (Paris, 7ème) savent que cet événement portait bien son nom. « Autre », il l’était par la diversité des personnes présentes, et même pourrait-on dire, la diversité des diversités. Organisé conjointement à l’initiative de jeunes de l’église saint Ignace fréquentant la Messe qui prend son Temps (la MT du dimanche soir, 19h) et des personnes bénévoles du programme Welcome Jeunes du JRS (Service Jésuite des Réfugiés), il regroupait des gens venant d’horizons très éloignés, provenant de cultures et de contextes sociaux très différents et avec des parcours de vie extrêmement divers. On raconte – et cette histoire est vraie – que ce soir là, un ex-berger malien a échangé ses vœux avec un jeune haut fonctionnaire du ministère des finances diplômé d’une prestigieuse école d’administration.

Autre, il l’était aussi par la joie simple et communicative qui émanait de cette soirée chaleureuse. Pour avoir vécu de nombreux 31 de natures très variées, je crois pouvoir dire que cela suffit à singulariser ce qui s’est passé ce soir là !

Mais si le fruit fut si bon, c’est parce que la recette de cette savoureuse formule n’en était plus à ses premiers essais et qu’elle reprenait, comme tous les ans, les principes qui guident l’action du JRS au quotidien. Le premier d’entre eux est de proposer aux personnes en situation de précarité que l’association accompagne de s’investir dans chacune des activités qui leur sont proposées. Ainsi, au JRS, il n’y a pas, d’un côté de la barrière, les « bénévoles » (souriants, dynamiques, prêts à donner) et de l’autre les « participants » ou les « bénéficiaires » (plus ou moins tristes, apathiques, venus seulement pour recevoir). Il n’y a pas d’un côté les « actifs » qui ferait tout pour les autres, et de l’autre les « passifs » qui recevraient tout des autres, mais au contraire le vœu constant de mettre chacun en position de donner mais aussi et surtout, de recevoir des autres, surtout de ce dont on ne s’y attendait pas.

Ainsi l’autre Nouvel An s’est-il élaboré via des équipes associant dès le début des jeunes français et des jeunes réfugiés qui ont eu à travailler ensemble sur un pied d’égalité durant tout le mois de décembre. De la même manière, il était proposé à toutes les personnes s’inscrivant de rendre un service, même minime, afin de mettre le plus de gens dans une posture d’action et de partage mutuel plutôt que de consommation. Enfin, nous avons veillé à respecter la parité : il y avait autant de personnes venant par l’intermédiaire du JRS que de jeunes français.

Et cette soirée fût une réussite. A l’image du menu bengalo-afghano-français, la liste des activités préparées par l’équipe d’animation était le fruit d’un drôle de mélange qui a permis à chacun de s’y retrouver. En amont du dîner, un temps de prière interreligieuse, qu’on qualifiera d’exigeant, en raison notamment des vrais temps de silence qu’il comportait, fût l’occasion de nous rassembler autour de l’écoute de textes provenant de différentes traditions spirituelles et de chants de louange méditatifs, tels que ceux de Taizé.

Sur les coups d’une heure, la musique dut s’arrêter, voisinage oblige, mais pour les plus valeureux, les échanges se poursuivirent jusque tard dans la nuit, autour d’un clavier ou d’une guitare.

Presque deux mois après cet événement, on ne peut y repenser sans y voir un magnifique essai à transformer. Heureusement pour nous, ce beau moment n’était qu’un maillon comme un autre dans la belle chaîne que trame, semaine après semaine, le programme Welcome Jeunes du JRS. A l’occasion des différentes activités qu’il propose (yoga, foot, danse, ateliers de conversations, théâtre, etc), l’inspiration est toujours la même : permettre la rencontre entre jeunes français et personnes en situation de précarité afin de vivre une expérience d’enrichissement mutuel. Pour contribuer à ce beau projet, nul besoin d’être un bénévole doué de dons particuliers ou d’une organisation experte : JRS vous accueille, français ou étranger, comme vous êtes dans ses différents ateliers, que ce soit pour un simple passage en tant que « participant » ponctuel, fréquent ou régulier ou pour un engagement plus durable.

Pour en savoir plus sur le programme Welcome Jeunes du JRS, cliquez ici.

Pour accéder à la page Facebook du programme Welcome Jeunes, c’est ici.

Mathieu

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