Soirée du 25 janvier – A la découverte de l’orgue avec Pierre Queval

Ce mercredi, nous sommes invités par Pierre Quéval à grimper, privilégiés que nous sommes, à la tribune d’orgue de l’église St Ignace ! C’est son domaine, il va nous le présenter. Et voilà le début d’une soirée hors norme, hors cadre, hors temps. Quelques jeunes réfugiés liés au JRS nous font le plaisir de se joindre […]

Soirée du 25 janvier – A la découverte de l’orgue avec Pierre Queval

orgue saint ignaceCe mercredi, nous sommes invités par Pierre Quéval à grimper, privilégiés que nous sommes, à la tribune d’orgue de l’église St Ignace ! C’est son domaine, il va nous le présenter. Et voilà le début d’une soirée hors norme, hors cadre, hors temps.

Quelques jeunes réfugiés liés au JRS nous font le plaisir de se joindre à nous. Je pense en moi-même : « comment allons-nous réussir à les intéresser à ça ?? »

L’église, à cette heure, est déjà plongée dans l’ombre et fermée au public. Nous montons par le petit escalier des initiés, auquel on accède par une porte fermée à clé et attention, la porte une fois refermée il n’est plus possible d’entrer.

L’antichambre de la tribune est une sorte de bibliothèque à partitions, qui ont l’air de nous attendre depuis un siècle. Une épaisse couche de poussière recouvre les volumes, j’y hasarde une main pour découvrir un titre, il s’agit d’un recueil de « noëls traditionnels anciens », la poussière me décourage –j’abandonne.

Nous avançons, et nous voilà bientôt assis autour de la bête monumentale, l’orgue, un assemblage énorme de plusieurs milliers de tuyaux de métal, de bois (et peut-être d’autres matériaux, je ne sais plus !) de tailles et de formes différentes, se laissant deviner au-dessus de leur coffre de bois.

Pierre, à notre demande, commence par nous jouer un morceau. Un prélude de JS Bach ?

Nous aurons aussi droit au cours de la soirée à plusieurs magnifiques improvisations dans différents styles.

Quelle claque ! Tout vibre sous nous, autour de nous, en nous, l’instrument et l’église elle-même résonnent, c’est un immense souffle qui traverse leur architecture, tout en délicatesse ou tout en puissance, selon le geste de l’artiste. Il manœuvre des mains et des pieds, sur 4 claviers, tire sur de petites poignées de bois destinées à changer de « jeu » (pour choisir et marier les très nombreux timbres que reproduit à sa façon l’instrument, de la flûte à la contrebasse en passant par la « voix humaine »…), actionne un pédalier qui ouvre et ferme une sorte de volet pour laisser passer plus ou moins d’air, et donc de volume sonore.

Le tout est très impressionnant, car tout le corps du musicien est engagé. Il est à la fois « claviériste » avec ses mains et ses pieds, mais aussi compositeur (l’organiste est un interprète mais aussi un improvisateur), chef d’orchestre (pour utiliser et associer au mieux les timbres, l’intensité, le volume général…le but étant d’accompagner ce qui se passe plus bas, dans l’église !), et un peu danseur.

Je ne soupçonnais pas tant de variété et de nuances possibles.

Et quand on entend la puissance que peut avoir cet instrument, quand on imagine la quantité d’air brassée dans ces tuyaux, on est obligé d’avoir une petite pensée pour ceux qui autrefois, pédalaient et pompaient pour envoyer l’air dans les tuyaux… Aujourd’hui c’est une soufflerie automatique qui s’en charge.

Tout ce que je vous raconte ne peut pas témoigner correctement de cette expérience, aux dimensions de l’orgue…énorme !

C’est comme si nous avions été trempés dans une vaste baignoire de son -Baptisés de son, en quelque sorte.

Leonor

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